espace couleurIl arrive de voir des amateurs, soucieux d'obtenir la meilleure qualité d'image, se retrouver déçus des couleurs d'un tirage reçu de leur labo. Pourtant, ils avaient mis tous les atouts de leur côté en bichonnant l'image à l'écran et en choisissant l'espace couleur Adobe RGB recommandé par les pros. Résultat, une image terne et toute moche, c'est à n'y rien comprendre. Pas de panique, c'est beaucoup plus simple qu'il n'y parait.

 

 

 

 

espace couleur

Palette de référence

Allons-y !
Nos appareils d'imagerie (téléviseurs, écrans plats, appareils numériques, etc.) produisent des images en couleurs à partir d'un mélange de bleu, vert et rouge (et non,pas avec les trois couleurs primaires que sont le jaune, le bleu (le cyan pour être précis), et le rouge (magenta en réalité). Voilà, vous savez maintenant à quoi correspondent les termes RVB et sRVB où R=rouge, V=vert et B=bleu (pour ajouter à la confusion ils sont souvent nommés RGB ou sRGB ce qui dit strictement la même chose mais à partir des mots anglais).

A partir de ces "rouge, vert, bleu", il existe une palette de référence permettant de traduire toutes les couleurs (Cie Lab) souvent représentée comme ceci.

Ne vous fiez qu'à la palette où chaque couleur peut avoir une densité plus ou moins forte. C'est pour cette raison que vous ne voyez pas de noir, il correspond à la densité la plus sombre. comme il se doit, le blanc se situe à la convergence des autres couleurs.

 

 

 

sRGB

sRVB l'espace couleur "à tout faire"

Dans la pratique, aucun appareil ne sait reproduire la totalité de cette palette, à commencer par les écrans qui ont longtemps été l'élément faible de la chaine image. Les constructeurs se sont entendus pour créer une norme, le sRVB, pour situer les capacités de leurs moniteurs dans l'espace de référence. Le sRVB correspond au triangle inscrit en vert dans l'espace de référence.

A première vue, on se dit que le sRVB est très limité. Pourtant, il couvre la plupart des besoins d'un amateur et beaucoup s'en contentent en trouvant que leurs images ont des couleurs parfaites. D'ailleurs, la plupart des labos (hors pro) de tirages travaillent en sRVB pour les formats allant jusqu'au 30x40. De même, il est fréquent que les appareils compacts soient calés sur sRVB en standard. C'est aussila norme pour internet. Donc, avant de publier une image, vérifiez qu'elle est bien en sRVB (sinon elle sera toute terne).

Pendant longtemps, sauf à coûter un œil, les moniteurs peinaient à reproduire le sRVB. Il n'y a que depuis peu que des écrans financièrement accessibles (mais pas donnés) font mieux.

Dès lors qu'il satisfait beaucoup d'utilisateurs, pourquoi ne pas utiliser que le sRVB ?

Pour de la photo " tout venant ", des tirages économiques à vocation familiale, de la publication sur internet, ou de la visualisation sur écran standard, le sRVB suffit. C'est d'autant plus vrai que le srvb englobe les couleurs les plus courantes ce qui le rend " acceptable " dans la majorité des cas.

 Précisons maintenant ce qu'est le gamut :

Le gamut est la gamme de couleurs qu'un appareil donné (reflex, imprimante, couple papier imprimante, scanner, etc.) est capable de produire. On le représente en surface occupée sur l'espace couleur de référence (Cie Lab). En quelque sorte, l'espace sRGB est un gamut cible pour certains matériels.

adobe-RVBAdobe RVB un espace couleur pour les tirages "pro"

Pour les photographes qui abordent des domaines plus exigeants où la justesse de couleur compte, le sRVB est trop restreint. C'est d'autant plus vrai que si les écrans ont un gamut limité (ça change vite) les reflex captent avec un gamut bien plus étendu que le sRVB et les imprimantes photos restituent une gamme plus importante que l'espace sRVB. Tout cela n'est pas nouveau et explique pourquoi, depuis déjà bien longtemps, Adobe a créé avec Photoshop un espace agrandi " l'Adobe RGB ".

Sur cette image, l'Abobe RGB est en mauve. On voit clairement, par rapport au sRVB, que sa gamme de couleurs est bien plus riche, notamment dans le vert et dans le bleu. Puisque ces couleurs sont captées par l'appareil et restituables à l'impression, on comprend que des utilisateurs exigeants souhaitent les voir apparaître le plus justement possible. Ils utilisent donc Adobe RGB, et, pour publier sur le web, ils convertissent les images Adobe RVb en sRVB (sinon, c'est moche).

Plus large encore que l'Adobe RGB, le ProPhoto RGB exploite encore mieux le potentiel des appareils de prise de vues au gamut très large. Cela dit, il prend en charge des couleurs peu fréquentes que les outils d'impression ne sauront pas toujours restituer. Mais qui peut le plus peut le moins, on gagnera à travailler en RAW. Il permet de capter le maximum de couleur quel que soit l'espace couleur de travail que l'on retient ensuite. Si l'on n'utilise pas tout de suite le potentiel enregistré en RAW, il est bien là, et il pourra, le moment venu, être exploité, au besoin en ProPhoto RGB.