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Question 6 : Toujours fidèle à Canon ? Quels sont, pour toi, les atouts principaux, et aussi les faiblesses, de cette marque ?

Oui, tout en Canon depuis mon tout premier boitier réflex offert par mon père à l’âge de 11 ans, un AE-1. Il est devant moi, sur mon bureau, monté avec un magnifique FD 200 mm F:4 SSD, l’ancêtre de la Série L !

Depuis que je suis l’heureux propriétaire d’un EOS 1 D-X, je considère que j’ai dans les mains LE boitier dont j’avais besoin, le boitier qui répond enfin à mes attentes en termes d’ergonomie et de performances. On pourra avoir mieux dans l’avenir, sans doute, mais là, c’est le boitier que j’attendais depuis mon Canon T 90 !

Et puis, l’an dernier, j’ai troqué mon 500 mm F:4 L IS contre le fabuleux, le fantastique zoom 200-400 avec extendeur intégré. C’est le couple idéal ! Bien sûr, on peut parfois être un peu court en focale, mais on le sera toujours de toute façon à un moment ou un autre, y compris avec un 800 mm ! Mais là, franchement, c’est une combinaison ultra efficace. J’ai récemment photographié des poussins d’échasses blanches qui venaient tout juste de sortir du nid. Ils se sont baladés devant mon affût et j’ai pu faire des photos au 560 mm à 2 m seulement de distance au ras du sol ! Ceci aurait été impossible avec un télé fixe comme le 500 ou le 600, car il aurait fallu une bague allonge, ce que je n’avais pas, et le résultat en termes de profondeur de champ n’aurait pas été le même. Enfin, le piqué est fantastique, un sacré cran au-dessus de mon « ancien » 500 F:4 L IS. Je trouve toutefois qu’il vignette un peu à pleine ouverture, mais avec les corrections ad-hoc sur Lightroom, je m’en accommode parfaitement.

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Question 7 : Quels conseils donnerais-tu à un débutant désireux de s’équiper en matériel, notamment en ce qui concerne la question importante de la focale ? Tu n’es pas, je le sais, de ceux qui affirment qu’il n’y a pas de salut hors du 600 mm au minimum ! Alors ?

Aujourd’hui, avec la généralisation des capteurs petits formats, plus besoin d’investir dans des télés monstrueux comme les 600 ou 800 mm pour aller chercher l’action. Un « simple » 300 mm devient vite un redoutable super-télé grâce au facteur de multiplication de 1,5 ou 1,6. En tout cas, moi qui suis passé au 200-400 sur un plein format, je trouve que c’est une excellente combinaison. Trop souvent avec le 500 mm sur le capteur APS-H de l’EOS 1D-Mk IV, je me retrouvais trop serré et je devais gérer les cadrages par défaut. Tout bien réfléchi, je crois qu’il vaut mieux cadrer plus large quitte à recadrer ensuite sur l’ordinateur, car les capteurs de plus de 18 millions de pixels d’aujourd’hui le permettent largement ! Encore une fois, quelle que soit sa focale, on aura toujours une situation où l’on est trop loin… Ce qui est sûr, c’est que les photographes passionnés d’oiseaux ont vraiment intérêt à avoir la plus longue focale possible et ça, c’est tout de même une constante…

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Question 8 : Tu es, je le sais aussi, sensible aux questions de respect de l’animal et de l’environnement. Peux-tu nous dire si tu te comportes dans ce domaine en pédagogue vis-à-vis des photographes que tu accompagnes sur le terrain ?  De quelle manière ?

Lors des stages que j’encadre en Vendée, ou lors de mes voyages à l’étranger, j’essaie toujours d’attirer l’attention sur la pression que l’on peut mettre sur un animal. Son comportement peut changer de façon imperceptible pour un profane, mais un photographe naturaliste aguerri le détecte rapidement. Il faut expliquer ce que l’on met dans la balance à chaque fois que l’on va sur le terrain : rapporter une image à tout prix ou laisser la nature vivre sa vie.

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Il y a un moment, il faut savoir renoncer, mais le plus difficile est de l’expliquer à des gens qui ont payé pour être là. Dans mes affûts aux oiseaux d’eau par exemple, nous sommes au cœur d’une zone humide que nous avons aménagée pour la nidification des limicoles. Je demande aux stagiaires d’entrer le plus discrètement possible dans l’affût, de nuit, afin de ne pas perturber les oiseaux qui sont vraiment tout près. Certaines personnes ne le comprennent pas, surtout lorsqu’il faut se lever à 3h35 du matin ! Il faut dire qu’au printemps, les nuits sont courtes ! Mais c’est le prix à payer pour photographier la nature au plus près, sans la déranger !

En voyage et notamment en Afrique, c’est un peu différent, car avec moi, j’ai la plupart du temps un ranger qui a son mot à dire et me soutient toujours lorsque je décide de partir parce que la situation le demande. C’est une décision prise en commun, et les clients doivent impérativement s’y plier, c’est la règle. Franchement, les problèmes de ce point de vue sont tout à fait exceptionnels et 99 % de mes clients le comprennent parfaitement, c’est une question de bon sens, tout simplement.

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Question 9 : Une ou deux anecdotes amusantes (mais pas nécessairement) qui te sont arrivées sur le terrain ? Je pense en particulier à un certain gorille mâle adulte qui a récemment entrepris de te manifester sa sympathie !

Dans la nature, tout, absolument tout peut arriver ! Et depuis 20 ans, il m’en est arrivé des  anecdotes ! Je me suis fait charger par presque tout ce qui charge en Afrique : éléphant, buffle, hippo, lion, y compris, et c’était bien la première fois, par un léopard qui n’avait pas du tout l’habitude de voir des véhicules.

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Mais ce à quoi tu fais allusion, la charge d’un gorille dos argenté, ça c’est sûr, ce n’est pas anodin, d’autant qu’il y a eu contact, et un contact plutôt rude !  En fait tout est allé très vite et personne, vraiment personne n’a pu anticiper. Ce dos argenté était le chef de clan d’une vingtaine de gorilles de montagne. J’étais tranquillement installé en train de photographier, genoux à terre dans la végétation, quand il a soudainement foncé pour rejoindre une autre partie du groupe qui se trouvait derrière nous. D’habitude, dans ce cas de figure, ils passent toujours à côté, mais lui a foncé droit devant, sans détour. En une fraction de seconde, il était sur moi et m’a violemment heurté le visage alors que je prenais des photos au grand angle. L’impact fut vraiment rude : le gaillard pesait dans les 300 Kg et il était lancé en pleine vitesse ! Je n’ai rien vu venir, pas de signe avant-coureur, aucun signe d’agressivité, rien. J’ai juste appuyé sur le déclencheur en rafale en suivant sa course vers moi jusqu’à l’impact et que je me retrouve les 4 fers en l’air. Lorsque je me suis relevé, j’avais du sang qui dégoulinait du front, j’étais bien ouvert au-dessus de l’arcade sourcilière. Lui a continué sa course dans la végétation épaisse, probablement pour rejoindre une des femelles en chaleur de son groupe.

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c-courteau-2798Le résultat : pas de points de sutures, mais une belle cicatrice et surtout une séquence photo exceptionnelle qui a été publiée en exclusivité par Paris Match. Et quand on me demande si j’ai eu peur en le voyant arriver dans mon viseur, franchement non, pas eu le temps ! On voit clairement sur les EXIF que tout s’est passé en moins d’une demi-seconde ! Je peux dire merci à mon ami Christophe Vasselin qui était à mes côtés et n’a rien raté de la scène en images ! C’est grâce à lui qu’on a pu voir tous les détails de l’action… vue de l’extérieur !

Question 10 : Ton Graal en animalier ?

Il y a tellement de choses que j’aimerais voir et photographier sur cette planète. Mais je crois qu’en fait de Graal, ce dont je rêverais ce serait une machine à remonter le temps… pour une sorte  de « retour vers le futur » photographique !

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Je m’explique. Le Graal pour moi, en tant que photographe naturaliste, c’est pouvoir se glisser, en restant totalement invisible, au cœur  d’une nature intacte, brute, et forte, pour être le témoin privilégié de la vie sauvage. Mais cette nature-là n’existe plus. Oh, bien sûr Il reste quelques terres sauvages aux confins de l’Arctique et de l’Antarctique, sur les hauts sommets des Andes ou de l’Himalaya, il reste encore quelques arpents de forêts primaires ici ou là en Afrique centrale ou en Amazonie, il y a bien des déserts sans routes ni pistes balisées, mais ce sont les tout derniers, le reste n’est plus que souvenir. En définitive, ce serait ça, mon Graal : retrouver une nature intacte…

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